Contexte historique

 La période historique : les Frondes et la monarchie absolue

 

 


En France, le XVI° siècle et la première moitié du XVII° sont marqués par un grand nombre de troubles : guerres de religion, guerres entre royaumes et empire, révoltes rurales, frondes parlementaires et princières, peste, famine…

Lorsque naît Jean-Baptiste Poquelin, le Royaume de France, gouverné par Louis XIII et son ministre Richelieu, est engagé dans une guerre contre le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire romain germanique que l’on appelle la guerre de Trente Ans (1618 à 1648). Cette guerre qui se déroule essentiellement en Allemagne a pour conséquence de ruiner l’ensemble des belligérants et de fait en France on assiste à une augmentation importante de la fiscalité royale et au renforcement de l'absolutisme.

Le Royaume de France commence à prendre la première place en Europe. La guerre de Trente ans est un tournant décisif dans les relations entre États européens. Jusque-là, les considérations religieuses jouaient un grand rôle dans le déclenchement des guerres. Désormais ce sont des considérations de rivalités entre états qui sont déterminantes.

Face à la recrudescence des impôts et aux famines qui en découlent de nombreuses révoltes éclatent dans toutes les provinces de France et plus particulièrement dans le midi : les Pitiaus d’Angoumois et de Bordeaux, les Croquants du Perigòrd, les Cascavèus d’Aix en Provence ou les Ganifets de Provence, les Coulats de Montmorency et les Menuts du Languedoc, les Ourmaus de Guyenne, les Branlaires de Montpellier, les Invisibles de Gascogne...

Au fil des ans, les révoltes d’abord rurales touchent également les villes et les parlements provinciaux, les jurades communales et les pays d'Etat. 


La mort de Richelieu en 1642 et celle de Louis XIII en 1643 met la couronne dans une période d’instabilité. Le gouvernement se compose alors de la Régente (Anne d’Autriche, la mère de Louis XIV, en attendant sa majorité) et du ministre Mazarin. Mazarin qui poursuit et développe la politique de Richelieu voit s’opposer à lui les princes Gaston d’Orléans (Frère de Louis XIII), et Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé (Cousin de Louis XIV, pair de France et premier prince du sang), ainsi que la duchesse de Longueville sa soeur, qui espéraient une place au pouvoir.

En 1648 le Parlement de Paris, la Cour des Aides et la Chambre des Comptes se rassemblent pour faire une réforme de l’Etat. Leurs propositions sont acceptées par la Régence mais elle ne signe finalement pas le document et fait arrêter plusieurs parlementaires.

C’est le début de la Fronde qui durera jusqu’en 1653.

Par le jeu des alliances et trahisons de très nombreux événements opposerons Mazarin et Anne d’Autriche aux parlementaires, aux gouverneurs d’états et aux familles princières *. 

Le peuple n’en veut pas vraiment à la mère du futur roi, mais surtout à Mazarin et les pamphlétaires se déchaînent contre lui (Mazarinades).

Tour à tour alliés ou opposés, les frondeurs se verront au final soumis par Mazarin et on peut dire que c’est de cette période que date la volonté du monarque d’être maître absolu, sans ministre, sans aucun pouvoir au parlement. Le roi Louis XIV va s’entourer à Versailles des grands du royaume pour mieux les surveiller.

A cette période, on assiste également à l’influence grandissante de la réforme catholique (ou contre-réforme) dans les milieux aisés. Naissent ainsi la compagnie du Saint Sacrement, appelée également le parti des dévots, et le mouvement janséniste. 

De purement religieuse au départ, l'opposition au jansénisme se double rapidement d'un volet politique. À la mort de Louis XIII en 1643, le cardinal Mazarin prend les mêmes positions que son prédécesseur Richelieu en luttant contre le parti dévot, qui est de plus en plus assimilé au parti janséniste. Le « parti janséniste » a tendance à attirer à lui d'anciens frondeurs après l'échec de leur révolte. Même si les jansénistes n'ont pas été impliqués dans la Fronde, ils sont rapidement assimilés à l'opposition à cause du soutien que leur apportent des princes tels que la duchesse de Longueville, qui se fait construire une maison à Port-Royal des Champs, ou son frère le prince de Conti. La famille Arnauld, grande famille parlementaire, est également soupçonnée d'être liée à la Fronde parlementaire. D'autre part, le choix de certains Solitaires de quitter toute vie mondaine et de se retirer totalement de la Cour inquiète Mazarin, qui y voit un possible foyer de contestation politique. Mazarin ne parvient cependant pas à lutter efficacement contre le jansénisme. C'est Louis XIV, hanté par le souvenir de la Fronde, qui se révèle son plus dur opposant, et ceci dès son arrivée effective au pouvoir en mars 1660.

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