Synopsis docu-fiction
Un mystérieux individu masqué s’introduit tel une ombre dans le Musée du Biterrois. Il dépose la malle disparue du célèbre Molière, aux pieds d’un chameau turbulent et moqueur. Ce dernier faisant usage de la parole prévient : “Méfi ! Aici sèm força ! Dins la mala trobaretz lo secret del masc inacabat”.
Et dans un grand rire de blatérer : “Vivat Mascarillus, fourbum imperator !”
A l’approche du 400ème anniversaire de la naissance de Molière, les molièristes sont en émois. Un plateau télévisé est spécialement organisé pour l’occasion: historien, linguiste sociétaire de la Comédie Française, influenceurs (...) sont sur le pied de guerre. Que ferait la malle de Molière dans cette bourgade de Province ? Que veut ce chameau bavard et effronté ? Qui est l’individu mystérieux ? Et surtout que contient cette malle ?
Chacun y va de son hypothèse, le sujet est lancé.
Nous plongeons dans la jeunesse de Jean-Baptiste Poquelin qui a alors 20 ans. Le premier journaliste nous emmène voir le père (tapissier) devenu alors valet de chambre de sa majesté le Roi Louis XIII. On le voit en pleine action mettre du papier peint dans des WC... Ce dernier est anéanti, son fils ne veut pas de la charge de valet de chambre. Il semblerait qu’il veuille faire du théâtre ! Mais quelle idée. Il n’y connait rien. Le Roi l’interpelle “Valet, mon ouate à rectum svp !”
Un second journaliste semble avoir trouvé une invitée spéciale, ayant fort bien connue JBP. Il s’agit de Madeleine Béjart. Elle évoque sa vie de comédienne, le théâtre, sa rencontre avec JBP et leur départ pour la province.
Tout à coup, l’image se floute à l’écran, le chameau blatère.
De retour sur le plateau télévisé, les spécialistes s’interrogent. Mais que cherche à nous dire ce chameau moqueur ? Et que pourrait-il y avoir dans cette fameuse malle ?
Un reportage (voix off et images d’archives) nous amène à suivre la troupe des Béjart en Guyenne (1645). Nous y apprenons que après l'échec parisien de l'Illustre-Théâtre, les Béjart et Jean-Baptiste (qui s'est octroyé le nom de « Moliere ») rejoignent l'équipe de Dufresne au château de Cadillac où ils jouissent de la protection du duc d'Epernon, gouverneur de Guyenne dont le père fonda le corps des mousquetaires.
Nous y croisons un Cadet de Gascogne déclamant du Cyrano et des influenceuses jouant les précieuses ridicules.
Un reportage (voix off et images d’archives) nous informe de la suite : en Guyenne, le duc d'Epernon est chassé du gouvernorat et la troupe de Dufresne se retrouvant sans protecteur se donne Molière comme directeur ; Madeleine et lui choisissent la protection des Etats languedociens. Compromis dans la Fronde de Paris puis de Bordeaux, le prince de Conti est répudié à Pézenas où il prend le relais de d'Aubijoux pour protéger la compagnie de Molière.
Reconstitution : Les Messieurs des Etats, Messieurs les Évêques, les sieurs vicaires généraux sont invités chez Mgr le Prince de Conti. Ce dernier les accueille sur le pas de la porte expliquant que sa chambre est fort en désordre à cause de la nouvelle compagnie qui le divertit. On entend en off, déclamations de textes, rires de la troupe qui répète. Alors que les hauts dignitaires s’en vont, en rentrant dans sa chambre, Conti est kidnappé par le personnage masqué (aperçu au musée). D’un geste rusé, il fait tomber Conti dans la malle et s’enfuit en la tirant.
Sur le plateau télévisé, l’indignation est à son comble. Mais quel est cet inconnu, quel rapport avec la malle ? Peut-être la solution se trouve-t-elle dans les émeutes ayant lieu à cette époque ?
Un présentateur envoie un reportage sur la situation historique. Jingle de l’émission, puis paroles sur images de manifs contemporaines dans lesquelles se glissent des images de groupes de manifestants un peu décalés : paysans gilet jaune, bourgeois écolo, artistocrates ultra-libéraux et le personnage mystérieux dansant et chantant dans la foule.
Voix off : Le 17° siècle est une époque de crise du pouvoir, de tensions religieuses, de guerre, d’épidémie et de famine. Les révoltes paysannes (les croquants, los pitiaus…) surgissent partout en pays d’OC, des révoltes urbaines les relaient à Aix en Provence, Marseille, Montpellier, Albi, Périgueux, Bordeaux… Les princes s’en mêlent et mettent en portafaux le Roi et ses ministres… Le pouvoir vacille…
Un journaliste interviewe en caméra floutée un représentant de chaque groupe de manifestants.
Sur le plateau télévisé, les spécialistes s’échauffent. Des disputes éclatent. Il est temps de comprendre ce que revendiquent ce personnage mystérieux et ce chameau rieur.
Nous retrouvons un journaliste dans les rues de Béziers, il semblerait que la troupe de Molière assiste aux fêtes de las Caritats. Mais les rues sont vides. Fête annulée ! Le journaliste se rend au musée du Vieux Biterrois pour percer le mystère. Alors que ce dernier pousse la porte du Musée, on entend le chameau qui blatère…et des bruits de fête.
On retrouve alors Molière et la troupe accompagnés de poètes, chanteurs occitans, personnages carnavalesques déclamant textes et chansons. On découvre que le personnage mystérieux n’est autre que Molière lui-même portant le masque…
Tout d’un coup, le chameau blatère : “la festa es acabada, le Prince de Conti a tourné la veste, il faut partir…” Molière pose le masque du personnage mystérieux et lui dit : “Mercé Mascarilha, ara es l’ora d’i anar, venetz ?”... Le masque répond : “Ha que non Molière, ara es a tu de jogar, mas doblides pas Il ne faut pas quitter la nature d’un pas !”
L’image se brouille.
Sur le plateau télévisé, les spécialistes sont bouche-bée...
Générique de fin de l’émission.


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